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30 Juillet 2014, Ste Juliette
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Aspects Particuliers de la communication

Mr Geffroy

 

28/09/05

Partiel :

- Eviter autant que possible le Hors Sujet (2/20 !)

- Le sujet comporte plusieurs séquences. Diviser l’énoncé, de sorte à ce que chaque séquence comporte une partie de l’idée > permet la construction d’un plan (impératif) et des articulations logiques entre les parties.

- Oublier les mots et les phrases du cours, employer des mots personnels, même si on a l’impression que notre expression est moins bonne que celle du professeur.

- Pas de « copie mosaïque » dans lesquelles sont juxtaposées des fragments de textes appris par cœur : c’est ce qui arrive quand on n’a pas de plan.

- Ne pas ressortir le cours.

- Ne pas rendre de Brouillons et pas de fin de devoirs à la va-vite !

 

L’INCONSCIENT

 

Introduction

Lecture de Julia Kristera, extrait de « étrangers à nous même ».

 

Nous avons chacun en nous un « étranger » qui sommeille. Une fois réveillé, on comprend combien il est familier, combien il a su se travestir (dans le temps, la forme, le sexe, le nom).

Cet étranger ne manque jamais de signaler sa présence en nous faisant faire des choses incroyables. Il n’est pas locataire qu’en nous, il peut loger en d’autres, son territoire est le territoire des mots. Il sait jouer avec ces mots.

Les échanges de sons et de regards sont des moments de communication particuliers, mais quand on échange des mots, on essaie de mettre la puce à l’oreille : de faire deviner l’implicite à l’interlocuteur, et c’est là que l’étranger sait faire son jeu.

 

A moins de se boucher les oreilles telles les bonnes sœurs on ne peut pas échapper à cette « puce ».

 

Origine de « la puce à l’oreille »

- La Fontaine :  « fille qui pense à son amant absent, toute la nuit dit-on, a la puce à l’oreille ». C’est un tic des « démangeaisons amoureuses ».

- 1546 : Rabelais évoque le moment où panurge se fixe o l’oreille droite un anneau où est fixé un chaton et dit : « j’ai puce en l’oreille, je me veux marié ». La puce à l’oreille a donc toujours eu une connotation sexuelle à travers les âges.

- Versailles, à l’époque des « orgies » dans les cours d’Europe, on capture un morpion e la belle et on le met dans un chaton en médaillon.

Et notre étranger a un rapport indéniable avec notre vie sexuelle, ce qui nous motive c’est de vouloir savoir, « ça – voir » pourquoi l’autre n’a pas la même chose que nous entre les jambes (c’est là la première puce à l’oreille)

 

L’oreille…

Depuis longtemps, l’oreille a toujours été comparée au coquillage concha veneris (l’oreille de vénus) , d’où le rapport évident entre oreille et sexe. Cf Lucras (98-55av JC) : ce coquillage était utilisé pour fabriquer une teinture naturelle, la Pourpre (rouge sang), c’est la couleur sui marquera la royauté.

 

Avec cette puce à l’oreille on voit que les mots n’ont aucune innocence.

De nos histoires singulières, l’étranger sait se faire son chemin, jusqu’à notre prénom car chaque prénom à une histoire que l’étranger connaît. Et s’il ne chemine pas parmi les mots, l’étranger parcours d’autres voies, ainsi sans savoir pourquoi notre corps réagit. :

Ce qui n’est pas dans les mots se dira par les mots, et le corps dans son expression est particulièrement violent.

Cet étranger nous est tout puissant, il peut décider de notre mort sociale, cet étranger c’est L’INCONSCIENT (notion, concept dont la découverte se fait à la fin du 19ème).

 

L’hypothèse de l’inconscient par Sigmund FREUD naît à Vienne. C’est la période de Sissi qui règne sur un empire étrange et un mari qui lui permet tout. Elle n’apparaît que peu et ne se laisse pas toucher à peau nue.

Elizabeth d’Autriche passe sa vie à voyager avec le même rituel : bagages + chevaux + domestiques + ne boit que du lait… elle meurt au cours de ces voyages d’une balle adressée à l’empereur. On trouvera après sa mort une collection cachée des plus belles filles des cours d’Europe : une passion inavouée. Puis on vit alors des jeunes femmes en pleine santé tomber dans les pommes au milieu de bals, en crise d’hystérie.

 

En 1985 ; Freud publie un ouvrage avec un collègue médecin : « étude sur l’hystérie », définie comme Maladie de la femme et maladie du 18ème. Mais aujourd’hui les statistiques sont claires : 3/5 hystériques sont des hommes.

Et c’est grâce à l’hystérie que Freud va découvrir l’existence et le rôle de l’inconscient dans la façon qu’il a de structurer nos communications.

C’est aussi grâce à l’hystérie que Freud découvrir la méthode par la parole : la Psychanalyse !

 

En 1923, Freud apprend son cancer de la mâchoire, ironie pour celui qui a inventé la cure par la parole. Il supportera la douleur et son « monstre » (prothèse buccale en fer) jusqu’à sa mort en 1939.

 

L’hystérique ne passe jamais inaperçu. Souvent il/elle est étonnement beau et sait séduire ; mais il a une devise :

« noli me tangere » « ne me touche pas » (citation de Jesus)

 

Viatique du jour (phrase avec laquelle on s’en va, paquetage pour le voyage vers le monde des morts) : quel est le premier Extra terrestre de l’homme ? la Femme.

 

05/10/05

Lorsque l’inconscient surgit, il vient installer dans la vie quotidienne une différence. On peut tous un jour « péter les plombs », cela signifie qu’on a tous en nous une « folie ordinaire ».

Et cette folie peut faire basculer les choses à tout moment.

L’inconscient, lui, vient nous visiter pendant le sommeil.

 

Daniel Cardin et Tony Lainé (deux psychiatres & psychanalystes) ont travaillé avec courage sur le thème de l’inconscient. Ils ont pu conclure, entre autres, que les « fous » possédaient une certaine Lucidité, parfois incroyable de justesse (Cf « la raison du plus fou » de Cardin et Lainé).

Etre conscient de cette lucidité qui est la leur nous permettra de les voir différemment.

 

De la même manière « psychopathologie de la vie quotidienne », de Freud (à lire !!!), traite des moments simples de la vie quotidienne, des indices qui témoignent de notre inconscient.

 

Quel est le premier extra terrestre de l’homme ? C’est la Femme.

La première femme d’Adam, Lilith, avait un sexe sur le front, elle couchait avec ses fils puis les tuait. C’était une « amante religieuse ».

Aucun autre être n’a créé autant de fantasmes que la Femme, jusqu’aux Vamps des 50’s à Lara Croft, Lilith représente la beauté des femmes, la beauté du Diable. Ainsi, au moyen âge, une femme trop belle était jugée suspecte.

Dans tous les médias se crée l’image de la femme prédatrice : une chevelure longue et une pléïade d’artifices qui font de la Femme un félin.

 

L’homme a depuis le début créé 3 archétypes de femmes : la Mère, la Vierge, la Putain. Ce sont nos propres fantasmes mis en scènes.

 


 

12/10/05

 

L’INCONSCIENT ET LE PRENOM

 

Lecture de « l’enfant de sable » (collection Point)

 

Dans le désir et l’attente de nos parents, de leurs rêves, de la famille, on attend un enfant.

L’enfant ne naît  pas toujours  où et quand il le faut.

Quoiqu’il en soit, il restera des traces… traces de l’attente d’une fille plutôt qu’un garçon, de la rupture des parents, de l’enfant censé réparer un couple, etc.

L’inconscient familial est un moyen de laisser des inscriptions, des traces qui ressurgiront plus tard.

 

Principal lieu d’inscription de cet inconscient : Le Prénom.

Pour les raisons vues ci-dessus, un prénom peut être très chargé (attention aux prénoms à double sens : Dominique, Emmanuelle…). Un autre cas est celui de l’enfant qui naît après la mort de son grand frère ou grande sœur :

 

L’inconscient dans le prénom d’un homme : Van Gogh

C’est le cas de Vincent Van Gog, dont la mère avait accouché d’un petit Vincent Willem VG un an avant la naissance du VVG que nous connaissons. De plus ses parents l’amenaient souvent rendre hommage à son grand frère qu’il ne connut pas, sur sa tombe. Autre traumatisme : la mort du petit frère de VVG en 1900, il lui reste alors un grand frère : Théo.

Tous deux vont alors grandir dans l’austérité patriarcale. Puis VVG va tomber amoureux d’une prostituée, déjà, enceinte à sa rencontre, et qui mourra en donnant naissance à cet enfant.

Jusqu’à sa propre mort, le père de VVG lui fera la morale quand à sa liaison avec une putain – il lui dira : « tu m’assassines ».

Puis un jour de Noël, où Théo vient d’annoncer ses fiançailles, VVG envoie ce message à son frère : « ne me cherchez pas, le parricide quitte la maison » et ce me même jour, il se coupe l’oreille. Il dépose l’oreille dans un linge et le donne à Rachel (Virginie de son vrai nom), une prostituée de sa rue. Sur son mur, écrit en lettre de sang, on pourra lire « je suis le St espritr, je suis un sain d’esprit ». VVG enverra la note de blanchisserie à son frère « payer pour laver ce linge tâché de sang, 12,50F ».

Suite à sa mutilation, VVG luttera 6 jours contre la mort avant de succomber. A sa mort, Théo devient un vieillard, perd ses fonctions motrices et doit rentrer en maison spécialisée, la maison Willem.

 

→ Hypothèse de la source de la folie lucide de VVG : Vincent a toujours porté en lui une culpabilité inconsciente, comme s’il avait pris la place d’un mort.

L’oreille que VVG s’est taillée peut être assimilée à un fœtus, un enfant dont il se serait lui-même accouché, ou plutôt délivré.

 

 

Au même titre, Salvador Dali a perdu son frère jumeau à la naissance.

Mais tous ces personnages (Sissi, VVG, le « noli me tangere », etc.) peuvent être liés.

Au cours de notre vie, nous vivons de multiples expériences et émotions, parmi lesquelles certaines sont agréables, indifférentes ou alors trop difficiles à supporter.

Ces expériences difficiles vont être rangées en nous même, dans un dépôt secret. Ce lieu secret contient nos expériences, et celles qui nous ont été transmises, des choses qui ne nous appartiennent pas, mais dont nous sommes les porteurs : ce lieu c’est l’inconscient

 

A ce propos, Freud a distingué :

Le MOI : lieu où se négocie notre conscience

Le ça : lieu de dépôt caché

Le SURMOI : là où on trouve règles, normes & contraintes qui nous font nous intégrer à la vie collective.

 

Il y a un surmoi archaïque ; qui puise dans une certaine partie de nous, au plus profond de l’inconscient qui est un chaos indescriptible : une masse de réactions, sensations, pensées…

Enter le « ça » et le surmoi se trouvent des filtres, censés amortir les choses, mais qui s’avèrent parfois inutiles, tant les chocs sont violents et destructeurs : on parle alors de traumatisme psychique.

 

Un traumatisme psychique est la destruction de ce système de défense, sa dissolution > c’est là qu’on risque de laisser le passage libre à la folie.

On a beau dire « ça se tasse », tout fini par faire surface un jour.

 

Comment définir l’inconscient ???

L’inconscient se sert de tous les moyens et toutes les ruses, alors comment le définir ?

« L’inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc, ou occupé par un mensonge. C’est le chapitre censuré, mais la vérité peut être retrouvée, le plus souvent déjà parce qu’elle est écrite ailleurs »

Jacques Lacan « écrits 1 » - page 136

 

Selon Lacan, les premiers lieux d’inscription des traces de l’inconscient (laisser des traces c’est communiquer et laisser des signes de son passage) sont les monuments, c'est-à-dire le corps. Certains écrivent même sur leur corps pour retrouver ces traces, considérant qu’une maladie peut être une écriture.

 

Exemple de la posture voûtée : le « centre du père », inscription dans notre squelette de l’emprise et de la domination de l’autorité ; la peur fait que le sternum est rentré pour garder toutes les émotions à l’intérieur (sternum = partie du corps où on pose d’instinct la main pour rassurer un enfant).

 

Mon corps, comme moi, a une mémoire, et un jour il raconte ses propres souvenirs.

 

19/10/05

LA MEMOIRE DU CORPS

 

Lecture : « le petit donneur d’offrandes ».

Il y a des manières pour le corps de dire des vérités surprenantes

Ex : des 70’s aux 90’s on a découvert 2 choses dans le « bien être fitness ».

A l’époque la chose importante n’était pas d’avoir des tablettes de chocolat mais de découvrir son corps.

 

1ère chose : la nudité en tant que délivrance du corps

2ème chose : on découvre les vertus de la groupalité. Il y eut les « sex-groups » (mis en groupe, on doit éviter de témoigner toutes émotions, y compris l’érection) ; les « massages californiens » ; la « gesthal thérapie ».

 

L’histoire de mr Geffroy :

- un homme invité à participer à un groupe de psychodrame

- pris de crises d’asthme à la simple vue d’un homme et d’une femme dans la position où, enfant, lui est sa cousine furent surpris par son père alors que sa cousine lui montrait son sexe. A cet instant son père lui dit : « tu es un cochon ! » et lui répèteras toute son enfance, ce qui a déclenché ses crises d’asthmes.

- pendant la thérapie de groupe, allongé sur le dos, il s’est mis à hurler jusqu’à ce que la responsable appelle un docteur.

- puis un participant au groupe, ayant compris le problème, s’est avancé et a mimé le geste du coupage du cordon ombilical. A cet instant, l’homme s’est mis à pousser des cris de nourrissons.

- après visionnage de la vidéo du groupe de thérapie, l’homme ne se souvenait même pas avoir fait cela.

> On est dans le cas du Psychodrame de naissance, mais cet homme ne savait rien du tout sur sa naissance. Le corps lui en a gardé un souvenir, on a su que sa naissance avait faillit causer la mort de sa mère et de lui-même.

 

Ces inscriptions dans notre monument qu’est notre corps peuvent conserver des épisodes complètement oubliés. Le plus souvent ce sont les SONS, qui viennent rappeler des bruits qui réveillent chez l’adulte de tels souvenirs.

 

IL N’Y A DE REALITES QUE CELLE QUE L’ON VIT PERSONELLEMENT : la réalité d’un parent trop attentionné n’est pas celle de l’enfant, le lieu d’inscription moyen est mon corps, un monde de sensation et vibrations. Mais il ne suffit pas simplement de relever ces signes.

 

 

 

Histoire n°2.

Un couple, ayant perdu leur premier enfant : une fille décédée par mort subite du nourrisson. Puis ils ont eu 2 garçons et une petite fille.

Cette dernière manquait de mourir avec des crises (yeux révulsés ; teint blanc ; etc) à chaque contrariété (dispute avec son frère pour un jouet par exemple).

Mais cet enfant n’avait pas un regard d’enfant, son regard flottait. Son père, la croyant épileptique, disait : elle n’a rien.

Mais c’est parents ne lui avaient jamais expliqué pourquoi une bougie brûle toujours chez eux à coté du portrait d’un enfant, pourquoi ce portait est dans un médaillon et dans leur chambre, pourquoi les lapsus, pourquoi elle porte un prénom en A comme sa défunte sœur.

Il apparut aussi que la mère portait une lourde culpabilité pour la mort de sa fille. Il a fallu une mise au point et que la mère dise « je sais que tu sais ce qui s’est passé, on arrête là ! ». De cet instant la jeune file a arrêté ces crises.

Elle portait en elle la mort de sa grande sœur et avait compris qu’en trompant la mort, ce que redoutait le plus ses parents, elle obtiendrait d’eux ce qu’elle voudrait.

 

 

27/10/05

Les documents d’archive.

 

Lecture : Milan Kundera : « l’immortalité » : essai à travers un roman sur le pouvoir de l’image et des images intérieures/extérieures, sur la séduction, la mémoire. Kundera invente le mot « imagologie » qui est le discours sur l’image et l’idéologie de l’image.

 

Si l’inconscient est marqué par un blanc, il y a tentation permanente de remplir ce blanc, d’y faire apparaître des figures, sachant que nous vivons avec un mécanisme : notre mémoire.

Elle contribue à essayer de remplir ce blanc, qui est parfois un noir, plein d’images, de parfums, de sensations qui les accompagnent : ce sont les Souvenirs.

 

La période de la vie où on enregistre le plus est celle de la découverte, de beaucoup de première fois ; c’est l’enfance mais comme la mémoire est une compagne rusée, vers 30 ans on se rend compte que :

- on a de plus en plus de souvenirs de l’enfance qui reviennent.

- plus on vieillit, plus on a de souvenirs lointains, mais on se pose souvent la question : est ce bien arrivé, ou me l’a-t-on raconté ? La plupart des souvenirs sont vagues, mais certains sont extrêmement précis.

 

Cette vérité se trouve inscrite dans le monument (corps) mais aussi dans ce qu’on appelle les « documents d’archive ». Mais un souvenir peut en cacher un autre ! Dans ce jeu de dissimulation, ce qui est en cause c’est un objet de désir, un désir, un désir refoulé. Si les images et le son de ce souvenir sont trop bons, c’est ce qu’on appelle un « souvenir écran », qui a une définition incomparable et qui s’impose avec beaucoup de force pour cacher un autre souvenir, que je ne veux pas me rappeler. C’est comme nous projeter un film tellement captivant qu’on en oublie ce qu’il y a derrière. Ces souvenirs d’enfance ont des analogies dans avec le rêve, ils recèlent une part d’incertitude, un peu comme les modifications subîtes par les vieilles photos, pour nous il y a un sentiment d’avoir vécu tout cela ou pas.

Nos incertitudes sont d’autant plus grandes qu’on s’était occupé à cet apprentissage, qu’on a tendance à oublier certains évènements.

 

Mais qui vient nous les rappeler ? Ce sont les parents qui, aussi, racontent des évènements passés. Puisque c’est un discours du père te de la mère on les imprime plus fortement. Certains de ces récits portent l’empreinte d’arrangements.

Ex : la blessure à la tête de Mr Geffroy.

N’ayant aucun souvenir il questionnait sa mère qui répondait « te souviens tu de ton manteau de fourrure blanc ? Il était plein de sang »… mais rien de plus.

Puis un jour, Mr Geffroy a fait tomber une boîte de photo :

- tiens voilà le manteau blanc ! dit sa mère. La photo représentait le petit Yannick en manteau blanc.

- c’est quoi le manteau blanc maman ?

- tu ne pourras jamais comprendre… tu étais tombé, je courrais avec toi dans les bras, personne ne m’aidait et le sang coulait. J’ai toujours une culpabilité.

- mais de quoi ? Tu m’as sauvé ! Tu m’as amené à l’hôpital.

- Oui, quelqu’un nous y a emmenés…

La réponse à cette question viendra d’un commerçant du quartier, après la mort des parents Geffroy :

Ce jour là il y avait un chantier sous les fenêtres de la maison. Mme Geffroy prévoyait de sortir avec le petit Yannick mais changea d’avis : « on sortira plus tard. Si tu veux, vas jouer » et elle lui mit son manteau blanc. Dans les travaux se trouvait un trou avec des planches. Adepte des jeux d’équilibre, le petit Yannick ne put s’empêcher de vouloir traverser les planches qui surplombaient le trou. Une planche bascula et l’enfant se tomba tête première sur un bloc de pierre au fond de la cavité. Dans cette rue très fréquentée, les quidams ont rapidement crié, faisant arriver Mme Geffroy au pas de course. Elle ne descendit  pas seule.

Mme Geffroy était accompagné d’un homme qui n’était autre que le père naturel du petit Yannick.

 

Voilà comment on peut construire un souvenir derrière l’histoire et le souvenir d’un manteau blanc.

Il y a des liens entre les monuments et ces documents d’archives, comme cette cicatrice sur le crâne de Mr Geffroy qui témoigne de cet acte censuré.

Les monuments peuvent recueillir des inscriptions provenant des documents d’archive. Notre corps est tout à fait capable d’imprimer ce qui est lié à un souvenir d’enfance, et peut être à un souvenir écran. Un écran agit comme un bouclier, comme un gilet part balle, il constitue par définition un système de défense. Dès qu’in arrive à le décrypter en tant qu’écran, il se révèle comme un arsenal.

 

Pourquoi somme nous autant défendus ? Pour être hermétiques aux irruptions de l’inconscient !

Il faut éviter ce genre de choses qui seraient une épreuve terrible. Nous avons donc besoin d’un système de défense, mais attention : parfois c’est une famille entière qui en a besoin, et il se forme alors une complicité inconsciente pour éviter de fragmenter cette famille. L’une des fonctions majeures de ces systèmes de défense singuliers et collectifs, c’est de permettre le maintien du lien et de permettre cette liaison logique à tout prix : c’est la continuité.

 

Une famille n’hésite pas à broder et repriser lorsque la trame laisse paraître trop de fond, quand il y a un risque de voir monter à la surface ce qu’on s’emploie à laisser au fond, dans l’ombre depuis des générations. C’est ainsi que soudain, depuis la crypte qu’est le caveau familial peut surgir un fantôme, un spectre qui peut être mutin ou dévorateur, qui peut aller jusqu’à éloigner les membres du cercle familial.

 

 

L’évolution sémantique.

 

C’est le 3ème espace où la vérité peut être écrite (1 : monument, 2 : docs d’archive), c’est selon Lacan : l’Evolution Sémantique.

C’est l’évolution des systèmes de signes qui nous caractérisent. Ces signes sont linguistiques (langage, expression verbale, vocabulaire). Ce qui fait signe c’est le système des apparences : les vêtements qui parlent en premier par exemple.

→ L’évolution sémantique est la façon de changer d’apparence au fur et à mesure de l’histoire de notre vie.

 

C’est aussi l’évolution de notre caractère : humeurs, réactions, manière d’être seul avec nous même.

Dans ce qui constitue notre caractère il y a la relation qu’on entretient avec nous même.

Exemple des tics de langage. Certains tics sont facilement identifiables, on voit tout de suite qu’ils viennent d’un ami.

Il y a cette façon d’adopter un style et une façon de parler et d’être dans les familles monoparentales, que l’enfant prend du parent qu’il ne fréquente pas ou peu. Ce transfert n’est pas explicable par des théories, c’est de l’ordre du sémantique. Cela dépend de « l’amour restant » = quand 2  individus se séparent, ce qui survit à l’intérieur de l’un et de l’autre et qui a tellement besoin de survivre, qu’il ne lui reste que le chemin du refoulement.

Vu que l’inconscient trouve toujours le moyen de communiquer, on peut partir de l’hypothèse que, dans de nombreux cas, c’est l’amour restant qui sert de voie de transmission consciente de manière d’être (langages, mouvements) et cela jusqu’à des extrêmes : il y a parfois une telle volonté d’identification, qu’on est prêt sans le savoir à reproduire au détail près le destin de nos géniteur.

 

 

 

02/11/05

 

 Héros et contes de l’enfance : les enveloppes psychiques.

 

 

Citation : si ce que je dis est vrai, c’est que les poètes en auront déjà parlé. D.W.Winnicott

Lecture : Amélie Notomb « Métaphysique des tubes » - Albin Michel.

 

Il y a dans notre enfance des épreuves de la réalité qu’un enfant a du mal à comprendre. La réalité étant trop cruelle, il lui reste le refuge de la fiction (légendes, contes de fée…). On remarque que l’enfant choisit certaines fictions plus que d’autres, et qu’il les redemandera plus souvent.

Les héros et personnages de ces légendes sont en réalité des personnages clé pour l’enfant, car il a la capacité de choisir ses héros et de s’y identifier (surtout si la réalité est dure) parfois sans vouloir le dire.

 

Légendes et contes de fée font partie des enveloppes psychiques qui sont des récits qui ont le pouvoir de nous contenir et de nous protéger. Aujourd’hui, « consommasse » oblige, le choix des enfants est faussé, forcé par la publicité. Mais c’est un domaine où les parents ne peuvent pas choisir pour l’enfant

Attention : ces choix ne sont pas toujours volontaires, l’enfant pouvant être porté par une histoire ou un conte.

On est surpris quand on découvre les raisons qui ont poussé les enfants à l’identification, à s’envelopper.

 

L’histoire Mister Geff’ !!!

Une petite fille très sage et  effacée. En été il la vit habillée de longues manches et d’un col, un jour caniculaire du mois d’août. Plus tard, lors d’une consultation la petite fille jouait avec un jeu de quille dans le même accoutrement, elle transpirait.

Au bout d’un moment sa mère lui dit : « tu arrêtes ! » mais malgré sa sagesse, elle n’arrêta pas.

- je ne vais pas le répéter ! Viens t’asseoir et je te lirais l’histoire.

- quelle histoire ? demanda Mr Geffroy.

- Peau d’âne…

Quel était le rapport ?

- qu’est ce que cachent ses vêtements ? Peau d’âne vie bien  cachée sous la peau d’un âne ?

- oui, bien sur, dans le conte, répondit la mère…

- non ! je vous parle de votre fille.

- et bien, depuis toute petite ma fille a des allergies, elle a honte d’être couverte de boutons, et moi aussi.

- mais de quoi ?

- moi aussi j’ai eu honte, encore aujourd’hui je fais des allergies sans savoir pourquoi, c’est gênant, mon médecin me dit que c’est le stress.

Cette petite fille était la 3ème génération de filles à allergies cutanées dans la famille. En remontant l’histoire on a trouvé un livre de contes transmis de génération en génération, ainsi qu’une grand-mère qui n’avait jamais pu toucher ses enfants, ne supportant pas le contact et qui les habillait en conséquence.

> c’est la clé de la transmission de symptologie cutanée, mais aussi d’une figure héroïque imaginaire : la princesse peau d’âne.

 

Dans tous ces lieux de la vérité écrite ailleurs, il y a les traditions et les légendes : sources et créations collectives, appelées à occuper certaines places privilégiées dans le destin singulier des individus. A travers des contes, traditions (etc) un enfant ou un adulte peut vivre sous une forme héroïsée et l’on sait que certaines de ces légendes peuvent sauver ou aider à mieux aller certains enfants

 

L’histoire avant de dormir et la demande qui suit « recommence ! », signifient que les légendes permettent à un enfant d’élaborer et de faire avancer certaines difficultés qu’il vit dans son inconscient

Les choses que nous faisons dans ce domaine obéissent à des stratégies inconscientes. Tout ce qui est contact cutané (caresses, câlins, bisous familiaux) nous est transmis, et certaines familles ne se touchent même pas.

Dans ce domaine là ça nous est transmis (ou pas), mais il y a aussi des familles dans lesquelles on s’aime très fort mais parfois un des 2 parents (ou les 2) est incapable d’exprimer cet amour , certaines personnes ont des difficultés à être tendres et en souffre de ne rien dire. Le corps est des points d’appui majeur de votre vie psychique.

 

Comme certains contes, cette incapacité tactile, qui peut devenir un handicap, nous vient de la personne qui nous a élevé et qui elle-même en était incapable. Ce phénomène passe de plus en plus par les pères.  Ces personnes peuvent avoir les « mains mortes » mais ne sont pas capables d’aimer, il leur manque juste un langage. Les racines de ce handicap sont en grande partie inconscientes. Ces êtres témoignent peu leurs émotions, ce sont souvent des gens qu’on a envie de connaître : « si cette personne ne peut exprimer ses sentiment, avec moi ça va changer ! »

→ C’est un défi bercé d’illusions car les raisons à la base de ce comportement ont des racines très compliquées. Ces rencontres sont des impasses, des quêtes désespérées.

 

Nos héros d’enfance ne sont pas innocents dans notre histoire. A travers ces contes de notre enfance apparaissent des enjeux aussi importants que ceux mis à jour par les jeux de rôle.

Qui jouons nous ? qui voulons nous jouer ?

 

Ce qui se passe sur la scène de la fiction n’est pas étranger à ce qui se passe sur celle de la réalité. C’est une réalité qui joue un rôle déterminant dans les jeux socio-ordinaires de la société.

 

L’exemple de Mister Geff’.

Une grande partie de son enfance, Mr Geffroy a du supporter les va et viens de sa mère à l’hôpital, craignant constamment de devenir orphelin. Pendant toute cette période de doute, jusqu’à ce que sa mère soit guérie, le petit yannick passait ses journées à regarder Bambi et à en lire le livre.

 

Le plaisir que peut avoir un enfant à traverser un conte est un plaisir unique car c’est le moment où l’enfant exorcise tout ce qui pourrait lui arriver. Il construit un scénario catastrophe, et là il a une sécurité double : quelqu’un qui l’accompagne (le lecteur), il peut vivre en toute liberté le pire et savoir qu’il en sortira indemne > ce phénomène est le principe sur lequel repose l’apprentissage, le développement de la symbolisation.

C’est dans le jeu qu’il peut vivre des joies et des peurs sans qu’elles soient réelles et que l’enfant apprend que des choses ne sont pas réelles mais qu’elles peuvent exister avec un pouvoir d’existence : les symboles.

 

Dans les légendes il ya des éléme,nts et des personnage sscénarisés qui contiennent des pouvoirs symboliques qui varient suivant les cultures et les traditions. Malgré ça, qu’un conte soit russe, arabe ou africain on trouvera toujours un équivalent français commun > les légendes et contes ont une capacité d’enfance.

Comme les mythes, traditions et légendes reflètent l’enfance des peuples on sait que le mythe n’est rien d’autre qu’un rêve collectif. Contes et légendes sont aussi des récits sélectifs. Chacun d’entre nous, suivant le moment de notre histoire, nous ne trouvons pas toujours les mêmes éléments dans ce pot commun, on y pioche ce qui peut le mieux nous contenir : « nous pouvons vivre des expériences qu’on souhaite ou qu’on redoute qu’on ne pourrait, qu’on ne pourrait pas vivre dans la réalité. La seule réalité où l’on peut les vivre = cette part de réalité subjective que recèlent ces légendes.

 

(A l’occasion essayer de faire un panoramique rétrospectif de nos héros qu’on a fréquenté à différents moments de notre vie et se poser la question : quel épisode du conte m’a le plus passionné ? pourquoi ?)

 

Citation de André Breton :

« Le hasard qui nous glace devant un livre d’enfant, un objet, un film, etc… qui fait qu’on est à nouveau au contact du légendaire de notre vie imaginaire sont des rencontres très importantes ».

 


 

23/11/05

 

Lecture : « la psychanalyse des contes de fées »

 

Les Traces

 

Imaginons un film où certains passages n’ont ni image ni son, cela crée une rupture dans le récit d’une séquence donnée. Sauf pour Alzheimer, nous ne supportons pas certains moments de notre histoire que nous ne pouvons relater. Dans la logique de notre histoire, nous devons effectuer des raccords : ces raccords sont les traces, selon Lacan.

 

Parfois la rupture est petite > le raccord n’est alors pas dur à faire. Mais il y a des périodes de notre vie qui nous obligent à faire ce raccord, mais pour lesquels on doit, en plus, inventer. Dans le meilleur des cas, c’est nous qui inventons.

Toute invention représente une distorsion de la réalité. Quand on tente de raccorder deux moments d’histoire, le fragment qu’on crée pour les relier est une distorsion par rapport au réel et à la logique inconsciente que structure en nous le récit et le déroulement de notre histoire.

Ces distorsions ont une importance, ne serait-ce que pour l’effort fourni pour fabriquer le maillon manquant : c’est à ce moment que l’inconscient est à l’œuvre. Les choses et les personnages inventés sont des signes dont il faut découvrir le déchiffrage.

Quand dans le parcours du récit d’une vie, on arrive à distinguer les raccords, on se rend compte qu’il y a un lien entre les éléments raccordés.

 

Mais ces traces peuvent être marquées par d’autres que nous. On a repéré des raccords à travers des Albums de Famille. Il peut y avoir des absences de photo d’un enfant. Or dans le récit, on voit bien qu’il n’y a pas de manque.

 

En 1960, des travaux ont été faits sur des minorités américaines, on a vu que dans la plupart des albums de famille, il manquait des photos des enfants entre 12 et 18 ans, comme s’ils n’avaient pas été dignes d’être représentés. Ces périodes correspondent à l’adolescence, c'est à dire à la transformation de l’image de l’individu ; d’où la difficulté à accepter l image de cet enfant qui n’en est plus un, dont le corps change.

 

►Notre façon de conduire le récit, d’organiser les traces du réel, sont tributaires de la façon dont nos parents acceptent et refusent des périodes de notre vie.

 

Mr Geffroy a questionné des familles sur l’absence de photos de leurs enfants, on lui répond : « oui mais on faisait moins de photos, on restait moins avec les enfants »… puis on se rend compte que le regard s’était absenté, comme si ce qu’il y avait à voir dans les enfants n’était pas regardable.

 

Les traces sont des indices majeurs à partir desquels on peut décrypter une partie de l’histoire de l’individu.

 

Evolution Sémantique.

 

« Ceci répond aux stocks et aux acceptations du vocabulaire qui m’est particulier comme au style de ma vie et à mon caractère » (le style de notre vie : façon de s’habiller, se coiffer, de parler, de faire l’amour).

Evolution sémantique : comment depuis l’enfance, on a su réaliser certains gestes, accepter certains contacts, nos choix sexuels, façon de toucher une peau, façon de sentir un contact, en n’oubliant jamais que le contact est sa façon d’évoluer n’est pas innée. Il y a des gens qui nous ont appris la façon de faire les gestes (non pas les gestes eux-mêmes), une façon de tenir la distance.

 

L’évolution sémantique est aussi la façon de concevoir le sens de certains mots. Un malentendu naît souvent d’une différence d’acceptation du sens d’un mot > certains mots sont des sources de quiproquos. Si certains mots ont un sens bien particulier pour nous, ils sont autant de signes et de marqueurs de quelque chose de notre histoire, mais il y a toujours une partie obscure, secrète et lointaine. Ces mots qui nous sont bien particuliers jouent un rôle de signe d’appel dans la communication.

On va avoir l’illusion d’une familiarité avec une personne, une impression de rencontre exceptionnelle parce que l’autre donne le même sens aux mots. Attention à l’effet de miroir qui recèle parfois les sources de ce qui fondra un jour la séparation.

 

Le langage

C’est l’un des plus puissants vecteurs de la communication de notre propre inconscient, et de notre inconscient vers l’inconscient de l’autre. Dans les mots il n’y a pas que l’expression, il y a aussi des messages inconscients : c’est de la transmission. Cette transmission peut s’opérer sur plusieurs générations ; parfois par d’autres moyens que les mots.

Ex : regarder les cadeaux faits dans le temps par un ami précieux > les cadeaux peuvent devenir une communication sur la relation, qui recèle d’éléments inconscients.

 

Rappels

→ L’inconscient n’est pas l’inconscience.

→ L’inconscient n’est pas simplement ce dont on ne se souvient pas, mais c’est ce dont on ne se souvient pas parce qu’on l’a refoulé ! les oublis sont le résultat de l’inconscient.

→ S’il est vrai que l’inconscient se manifeste toujours (l’inconscient ignore le temps), le rendez vous avec lui aura lieu quoiqu’il arrive > certains évènements arrivent, et à un instant précis, ce qui nous étonne encore plus.

 

Quand quelque chose d’important nous surprend, c’est qu’il y a avait déjà des paliers préparatoires, un chemin tracé, une voie ouverte > quand on tente de revenir sur le passé, on se rend compte que l’inconscient a donné prise à l’ascension du phénomène et que ces prises seules ont permis que se reproduise l’évènement au moment donné.

Ainsi, pour certains accidents routiers, il y a quelque chose chez les survivants qui dit que ce n’est peut être pas un accident, soit on laisse courir, soit on cherche à se rappeler quelles sont les circonstances qui nous poussent à pense que ce n’est pas un accident.

Ce doute peut être une pensée que l’individu n’avait plus envie de vivre.

C’est en partie pour ça qu’une technique de l’étude de l’inconscient est « l’association libre » , qui met à jour des processus d’enchaînement.

 

24/11/05

 

Lecture : « l’individu incertain »- Poche.

 

Construction de l’individu et « relais » socio-culturels : « l’individu incertain »

 

Aujourd’hui certains relais et intermédiaires ont perdu leurs fonctions : famille, religion, Etat, Armée. Ils assuraient autrefois une unité au-delà des différences dans les liens sociaux. L’individu ne peut plus s’attacher au collectif mais à un destin personnel.

 

Moins un individu a d’enveloppe, plus il est vulnérable > crée l’incertitude d’être et de devenir. Nous sommes tous de plus en plus fragiles et cette fragilité nous plonge malgré nous dans des situations de crise, d’autant plus fortes que la société demande à l’homme de se réaliser, mais de en plus d’être rentable !

Déjà que nous sommes seuls, il faut en plus que notre travail soit rentable. Cette société amène rapidement à la discrimination entre ceux qui sont rentables et ceux qui ne le sont pas. En plus, dans la tradition de la culture humaine, les sociétés dites avancées ont décidé quelles catégories de population sont rentables (!) : les majorités, qui s’opposent aujourd’hui aux minorités > il est difficile pour des minorités de faire entendre le destin d’un individu et non d’un collectif.

Dans cette atmosphère, la vulnérabilité de l’individu est accrue : le destin d’un individu donne aujourd’hui beaucoup plus la part belle à l’inconscient individuel, qui se nourrit d’un inconscient collectif.

 

Ce dont il faudra se souvenir dans la prochaine décennie, c’est que cet inconscient collectif (et ce que l’individu en retire et en évite), est caractérisé par une influence déterminante des traits, des caractéristiques propres à une culture. Ce qui distingue les sociétés les unes des autres, c’est un certain nombre de données et de facteurs d’influence.

La mondialisation ne vas pas atténuer ces influences, mais au contraire précipiter ces stratégies collectives identitaires.

« L’individu incertain » n’a pas l’appui d’un fond collectif qu’il peut utiliser.

 

Dans les enjeux des conflits actuels court avec force une espèce de jalousie des sociétés avancées envers celles qui ne le sont pas, sur l’impression que ces sociétés plus proches du traditionnelle ont plus la possibilité de ne pas laisser l’individu seul face à son destin.

Plus nous nous retrouvons menacés dans notre identité, plus ce qui a marqué notre petite histoire trouve l’occasion de s’exprimer. Nos sociétés évoluées sont celles de la dépression nerveuse.

 

Les décalages dans la communication

 

Ex : il y a d’autres contextes que celui de la fac pour communiquer > on ne communique pas de la même façon suivant les contextes. L’un des effets des incertitudes de l’individu est de brouiller ce qui distingue un contexte d’un autre. La nécessité de s’affirmer pousse à franchir les frontières entre les contextes > c’est un autre symptôme des individus d’aujourd’hui. Ça va avec la tentation de mettre à l’épreuve des codes caractéristiques de différents contextes.

Cette incertitude équivaut à une fragilité supplémentaire, elle affecte un système, des forces et des repères intérieurs susceptibles de nous protéger et de faire en sorte que les réalités ne soient pas vécues à vif ; qu’elles puissent être filtrées. Ce système permet d’éviter traumatismes ; blessures ; ruptures…

 

Nous travaillons depuis la naissance de construire et défendre ce système/bouclier/écran. Ce système de défense est quelque chose d’essentiel ; d’autant plus menacé que son efficacité dépend de la possibilité qui nous est donnée de traverser temps et expériences en conservant le sentiment que nous restons le maître.

Si on se donne des armes pour affronter la réalité, que pouvons nous faire avec ce qui est dans notre inconscient ? notre inconscient est un des premiers concernés pour ce système de défense Si notre système de défense présente des failles, l’inconscient va faire irruption en profitant des moments d’instabilité du système, en faisant effraction là et quand il peut.

 

→ Rappel : c’est quand les mots manquent que le corps parle ; certaines maladies sont du langage et poussant jusqu’au point où le corps doit se taire > m      ladies létales.

 

Cependant, même s’il y a des formes de communication qui assurent le relais de la parole, ce sont les mots qui les premiers supports. Nous n’avons pas tous la possibilité d’avoir une action sur les choses.

Nous sommes tous inachevés, et c’est pourquoi nous avons peu d’emprise dans le monde dans lequel nous arrivons. Le premier outil dont on se sert est la vocalisation, puis la verbalisation. Et le langage est ce dont se sert le plus l’inconscient, parce que la fonction majeure du langage est de remplacer ce qui est absent, de faire exister quand les choses n’existent pas. C’est la raison pour laquelle nos mots ne sont pas indifférents : il sont toujours associés et cernés par le travail que souhaite opérer l’inconscient.

 

Voilà pourquoi Lacn dit :

1 ► « on tient dans sa gorge, parfois jusqu’à la rage, la matérialité des choses »

2 ► « L’inconscient est structuré comme un langage »

3 ► « Derrière ce qui est nommé, ce qu’il y a est innommable » : s’il est vrai que certains mots sont puissants, ils vont donc être les cibles majeures des tentatives d’effraction de l’inconscient.

 

D’où l’importance des lapsus, …

…qui font respirer l’inconscient de temps en temps. Le problème est que l’inconscient prend parfois l’air dans des circonstances où l’on préférerait qu’il ferme se gueule car on sait très bien qu’on n’a pas le pouvoir de décider si « ça » sort ou pas.

Un lapsus est un fragment de discours qu’on ne fait et souhaite pas faire. C’est le témoignage parfois gênant de la suite que pourrait avoir notre discours ici et maintenant, et d’une suite qu’on ne veut surtout pas voir arriver.

 

C’est une trahison, le lapsus est bien sur révélateur, mais de quoi ?...

Le lapsus est révélateur d’un état de la relation de la personne avec laquelle je communique > cela relève de la « méta-communication » qui est le niveau de communication auquel s’exprime, avant le contenu, l’état de la relation entre les individus.

 

30/11/05

L’inconscient et le langage.

 

Delphine Seyrig

 Cette femme est une actrice qui a joué au cinéma le rôle d’une femme atteint d’un cancer et qui avait peu de temps devant elle. Curieusement, 15 ans plus tard, elle se retrouve en réalité dans cette situation. Marguerite Duras qui l’a accompagnée jusqu’à la mort témoignera exprimer des œuvres se nourrissant de ces histoires.

Duras  a eu plusieurs vies, certaines vécues, d’autres non, mais qui faisait toutes partie d’une groupalité à l’intérieur d’elle-même.

 

Lecture de Yann Andrea Steiner.

 

Ce Yann est une personne réelle, qui a vécu avec Duras, l’a aimée, mais qui n’a jamais eu avec elle de rapports charnels. Cet étrange couple fait surgir chez Duras deux personnages :

- Une jeune fille, dans laquelle M.Duras se retrouve

- Un enfant, dans lequel on retrouve Yann.

Ce personnage de l’enfant qui ne répond pas, qui semble libre de tout et de voir qu’on ne le voit pas, ressemble à l’inconscient.

 

→ Tout ce que cherche en nous l’inconscient c’est qu’on ne le voit pas, qu’il n’ait pas à dire pourquoi, qu’il puisse exister en ignorant ce qu’il engendre, provoque et crée. Car l’inconscient ignore le temps dans ses 2 perspectives :

 

 

- le temps au sens des années

- il ignore le temps et montre l’ignorance d’une manière particulière : quand il se manifeste, l’inconscient peut rassembler, comme un peintre, dans couleurs, des éléments de notre vie complètement disparus.

- L’inconscient ignore le temps puisqu’il fait ressurgir des souvenirs oubliés et parce qu’il est capable d’attendre avec une infinie patience, parfois même jusqu’à la mort et peut à tout moment trouver le moyen de faire irruption.

 

L’histoire De Mr Geffroy.

Yannick Geffroy accompagnait un de ses amis dans ses derniers jours A la volonté du malade, il lui administrait régulièrement des doses de morphine, dont l’effet est de plonger la personne dans des moments de conscience particuliers, de l’ordre, de l’ordre de l’hallucination avec perte du sens de la réalité immédiate.

En pleine discussion avec Yannick, cette personne s’est soudainement mise à fixer le plafond et à sourire comme un enfant.

- Qu’est ce que tu vois ? demanda Yannick

 - …

- Qu’est ce que tu vois ??? Dis le moi !

 - Ne t’inquiète pas Yannick, c’est très marrant ce que je viens de voir ! olalalala !

 - Mais, dis moi !

- …. Olalalala ! Ce que je viens de voir ! olalala ! Répondait le malade en agitant la main, ce qui lui fit perdre son alliance.

 - Ton alliance est partie, lui fit remarquer Yannick.

- C’est tout à fait normal… tu vas me donner une cigarette.

 - Oui, mais à condition que tu remettes ton alliance.

- Mais pourquoi ? Prends là donc toi !

 - Non ! Remets là !

- Tu veux me remettre mon alliance pour me l’enlever de mon cadavre ?

 - …

Pendant cette scène se trouvait à côté la femme du malade (de 30 ans sa cadette) qui portait la même alliance. Yannick avait écrit à cette femme auparavant « le jour où tu sens qu’il va trop mal, appelle moi ». Elle n’a jamais écrit, mais le malade lui l’a fait. Mr Geffroy vint alors d’une manière clandestine. Le voyant arriver, le malade pleura. Yannick aussi pleura, puisque cet homme, il le considérait comme son père.

 

Quand il a perdu son alliance, Yannick savait à quoi correspondait les paroles du malade et son geste. Ce geste était conscient mais involontaire. Yannick savait que c’était un message transmis d’une manière inconsciente, alors qu’il voulait que ce soit quelque chose de conscient. Yannick avait compris ce que signifiait cette alliance. Ce sont là des traces que laisse l’inconscient, qui surgissent même en fin de vie.

Cet homme était un ami depuis 30 ans, avec qui Yannick vivait et avec qui il avait compris qu’il avait une « alliance » différente de celle que l’homme entretenait avec sa femme ou son fils.

L’homme disait « bien sûr j’ai aimé j’ai aimé mon fils, j’étais son père, mais jamais autant que j’ai pu t’aimer toi, yannick ». Leur lien était différent de tous les autres.

 

Ces traces que laisse l’inconscient sont des SIGNES, il  y a un message qui est délivré. Certains de ces messages sont cryptés : nous n’avons pas accès à leur sens. Lacan dit « la foule déclenche l’hystérie, le groupe est hystérogène ». Mais qu’il s’agisse d’un geste, d’une action, d’un mot, il y a toujours message, c'est à dire langage.

 

Pourquoi ce qui relève de l’inconscient appartient-il au langage ?

Pourquoi l’inconscient se sert-il autant du langage ?

 

● Nous naissons sans langage, un enfant est un « Infans » (In+Fari = sans parole), quelqu’un qui ne parle pas et qui a besoin de quelqu’un pour parler avec lui. Un enfant n’a pas d’interprète, ce sont ses parents qui parlent pour lui, il apprend les mots de quelqu’un d’autre. Au d »but il imite les sons, puis les produit.

En même temps que le contenu conscient du langage peut nous être transmis un contenu inconscient.

● Le besoin qu’on a de dire ; de parler, de nommer, vient d’une nécessité findamentale : nous ne pouvons pas toujours avoir les choses et les êtres en notre possession, à portée de main.

La langage rend présent ce qui est absent, il redonne la vie à ce qui a disparu.

 

Comment est il alors possible que l’inconscient (qui contient les plus belles échapées, les plus belles dérobades) ne prenne pas le langage comme voie d’actualisation, d’expression et de communication ? (Cf les lapsus : plus on commet de lapsus, au mieux fonctionne notre inconscient).

 

 

01/12/05

 

Lecture : Bernard Paillard « L’épidémie, carnet d’un sociologue » - 1994 – Stock

 

1- Inconscient et sexualité&

2- les mécanismes d’expressions de l’inconscient.

 

Dans l’expansion médiatique du Sida, les médias ont gonflé ce qui appartenait à des peurs collectives. On en a oublié le Sida (loi des 3 H : Homosexualité ; Héroïnomane ; Haïtiens).

De ces 3 H, qui causaient soucis, un petit quelque chose est resté dans le phénomène du SIDA : le fait que les gens qui ne sont pas homos puissent être atteints par le virus. On pensait à l’époque que seuls les hommes étaient transmetteurs, puis on a constaté qu’il ne fallait pas catégoriser trop vite.

Paillard dit que cela montre que quelque chose de la libération sexuelle de la fin de 60’s n’a pas disparu, quelque chose en relation avec le Vatican.

 

Morale et  religion font bon ménage, c’est ainsi que dans certains pays, on refuse de constater le sida, laissant se mettre en place de vrais génocides. De façon silencieuse, dans certains pays, on cache les séropositifs (certains pays du magreb). Le Sida touche à l’un des phénomènes directeurs de ce monde : la sexualité. Si le Sida a été objet de rumeurs si puissant, c’est parce qu’avec lui et la sexualité se posait le problème des désirs conscient et inconscients.

 

Le Sida marque le retour du refoulé. Ce qui touche à la sexualité est souvent refoulé dans l’inconscient, sachant que la sexualité traverse notre histoire depuis la naissance. On prêt l’innocence aux enfants, dont une des vertus est d’être curieux de tout →  parfois les découvertes sexuelles (mots, gestes,etc) se font trop jeune et trop brutalement.

Il arrive aussi qu’un simple contact avec un adulte (sans mauvaise intention) suffise à faire surgir « fantasmes » et émotions chez l’enfant, qui ne sont pas toujours acceptables. Certaine sensations sont sources d’un tel plaisir, dans de telles circonstances, que la seule solution est de les enfermer.

 

→ L’inconscient ne contient pas que de la douleur, mais aussi des plaisirs extrêmes, qui deviendront plus tard « interdits ». ce qui signifie que la morale, les adultes, etc… travaillent pour que cela soitr refoulé, alors qu’à la base ce n’est pas un problème, et pour que ces sentiments refoulés deviennent justifiés.

Les sorties de l’inconscient sont parfois des débordements de l’incontenable, de ce qui est interdit ; il est alors trop tard pour vivre ce qui avait été refoulé.

 

Les Lapsus

→ Pour toute manifestation de l’inconscient du genre « oui, ça s’est passé aux dernières érections présidentielles ! » … nous savons tous faire de la mise en scène, mais tout dépend du contexte.

 

Pour comprendre le mécanisme il faut accepter que nous ne pouvons pas tout contrôler, il y a des échappées possibles, il y a des phénomènes verbaux et non verbaux ou comportementaux qui font irruption sous une forme inattendue ou dans des situations non-prévues. Or les lapsus, les actes manqués sont des phénomènes dont le caractère majeur est d’être surprenant ! Ils se produisent quand on ne s’y attend pas, il y a des situations où l’on « baisse la garde », où l’on n’est pas assez vigilant (en cas de fatigue ou pendant le sommeil).

 

Certaines personnes ont peur d’être observées pendant leur sommeil, car le moment où l’on dort est aussi celui de l’abandon. On est alors livré à une perte de conscience, de contrôle, et on est livré à tout ce qui peut s’échapper de nous.

C’est le moment où nous sommes le moins défendus dans l’esprit et le corps. Certains lieux du corps, en les touchant, sont des déclencheurs des voies royales pour l’inconscient : le rêve !

 

Tous les accidents qui font notre psychopathologie de la vie quotidienne fonctionne sur les mêmes principes, sur un certain nombre de mécanismes :ceux du rêve. C'est à dire qu’un oubli de nom, un lapsus, un acte manqué, un acte inconscient veulent dire que notre inconscient profite d’une baisse d’un état de vigilance.

 

Un des nombreux phénomènes spécifiques au rêve : la condensation.

C’est un embouteillage de plusieurs signifiants, mais aussi une convergence et un compactage de plusieurs personnages, figures et actions. C’est pourquoi, au souvenir d’un rêve, on ne reconnaît pas toujours les personnes. La condensation est la réunion en une seule figure de plusieurs acteurs, plusieurs êtres, y compris des gens qu’on n’a jamais vu.

 

Quand on commet un lapsus, on s’aperçoit qu’il y a dans le mot, soit des sonorités, soit un habillage avec des morceaux d’autres mots. Les mots qui constituent un lapsus renvoient à une ou plusieurs sens et sont associés à plusieurs phénomènes inconscients. Le mot à lui seul contient toute une chaîne d’associations.

 

Les actes manqués

On peut faire oublier un lapsus, mais pas un acte manqué !

L’acte manqué est un discours réussit de l’inconscient, mais tous les oublis et actes manqués ne sont pas inconscients, les actes manqués ne le sont plus quand ils ne relèvent pas de l’inconscient. Tout lapsus, par contre, est révélateur et porte ne lui une signification cachée.

 

Il faut mesurer comment s’est caché l’inconscient, sa façon de s’habiller pour se montrer à nous même, c’est identifiable. Mais la raison pour laquelle il se cache, et le contenu inconscient sont beaucoup plus difficiles à interpréter.

 

 

07/12/05

 

Lecture : « Le mendiant » de Victor Hugo.

 

L’inconscient dans la collectivité

 

Pourquoi avons-nous inventé le Père Noël ?

Les légendes de Noël font partie des contes, légendes et mythes dans lesquels chacun (séparément), plusieurs (collectivement) sont capables de retrouver des éléments fondamentaux à travers lesquels peuvent se construire notre enfance.

Le Père Noël est un personnage plus « familial » que « familier ». C’est un personnage mythique qui est associé dans certains pays à Saint Nicolas.

Entre eux, il y a deux univers légendaires, à la fois analogues et différents : St Nicolas et le Père Noël sont exploité économiquement et socialement pour innocenter des pratiques « du vertige » ; de l’excès du corps (nourriture) et de l’esprit (ébriété).

 

Toutes ces pratiques sont l’occasion pour des éléments inconscients de faire leur chemin. Trop manger et trop boire a un effet indiscutable qui est le même pour tous : LA BAISSE DU SEUIL DE TOLERANCE.

Les gardiens de l’inconscient sont alors assoupis, « la voie est libre ».

L’approche des fêtes de fin d’année est une période pendant laquelle beaucoup de gens « choisissent de mourir ». on ne comprend pas les raisons de cette précipitation vers la mort (suicide, laisser aller à la maladie), comme si c’était un chemin pour lequel ils ne trouvent la force qu’à ce moment là…

Il n’y a aucun moyen que ne puisse pas s’offrir l’inconscient pour communiquer ! S’il le veut, l’inconscient peut ainsi aller jusqu’à emprunter le chemin de la mort.

 

Un acte manqué est un acte que l’on accompli parce que le désir qu’on a de le faire est plus fort que l’interdiction de le réaliser. C’est un acte pris entre la force d’expression et la censure qu’il nous est nécessaire de maintenir car le sens profond de l’acte est un sens qu’on ne peut pas admettre ou accepter, qui dépasse nos capacités, et pourtant « il a fallu que je le fasse » ; se dit-on, étonnés.

Cependant, le lapsus, l’oubli, l’acte manqué est le résultat d’un dialogue interne avec moi-même, il se peut que le message que je fais passer s’adresse à quelqu’un d’autre.

 

L’inconscient dans le groupe.

Le phénomène d’oubli de nom propre en commun, dans un groupe, résulte de deux causes : la solidarité et la « communauté d’être » : il est possible que certains oublis touchent des problèmes de l’inconscient d’autrui.

Cette complicité collective va pouvoir conduire à certains destins étranges, comme si à l’intérieur d’un groupe, il y a avait un consentement pour conduire quelqu’un jusqu’à dire ou faire quelque chose avec l’intuition obscure que c’est la seule façon de délivrer quelqu’un de quelque chose.

 

L’histoire de Mr Geffroy

Il y a quelques années en ACL, un évènement a fait se rendre compte de la difficulté d’agir efficacement contre cette dynamique inconsciente du groupe.

Une dame très angoissée s’est présentée un jour au bureau de Yannick, concernant l’inscription de son fils :

- votre fils est majeur, madame, ça me gêne de recevoir les parents pour une simple inscription…

- Non, monsieur, je vous demande de faire attention à lui ! Surveillez le !

- Je peux seulement vous promettre d’être attentif.

Le jeune homme en question était calme, pâle et ne semblait pas dormir. Puis on a vu se constituer autour de lui un « cœur » tragique de filles compatissantes et de garçons trop aidant.

L’atmosphère qui se dégageait de ce groupe était impressionante d’unité, un véritable clan s’était formé. Ce clan ne venait jamais aux évènements Acl er semblait constituer un monde mystique à part.

On a vu ensuite se monter, comme dans un scénario, « la scène finale ».

L’histoire s’est achevée avec le suicide du jeune homme.

Ce suicide a été porté par la mère, mais aussi le petit groupe qui a inconsciemment glorifié la douleur du garçon. Ceci s’est vérifié avec la mort choisie le suicide : une mort lente et atroce (par asphyxie à l’aide d’un sac plastique), accomplie comme un devoir à remplir à la limite de l’inconscience, un sacrifice à trop d’attentes.

 

Il y a un collectif auquel arrive, à un certain moment, une certaine chose, une sorte d’attente collective inconsciente.

Ce phénomène se produit régulièrement en entreprise où certaines personnes sont désignées par la communauté (sans que ce soit dit consciemment) à une certaine tâche. Ce genre de phénomène communicationnel, est comme sous influence, qui n’arrive pas n’importe quand : quand le groupe est uni, conscient ou pas, par un certain phénomène (dans le cas de notre étudiant, tous les étudiants de son microcosme sortaient d’un deuil).

 

Il y a une solidarité inconsciente dans la manière de conduire ensemble un individu vers ce que certains nomment son « destin » (encore faut il avoir la bêtise d’admettre que la mort puisse être le destin d’un homme de 21 ans !).

Par contre la question qu’on peut se poser est : même si Freud admet qu’un individu fait partie d’une certaines collectivité, il n’a pas théorisé la dimension collective.

 

Est-ce que tous ces symptômes qui témoignent de notre psychopathologie sont toujours et uniquement destinés à essayer de nous guérir ? Ces symptômes sont ils là uniquement pour nous guérir ou ne suis-je pas le porte symptôme désigné d’un groupe ? Cette notion négative peut être lue de façon positive (le héros) qui est à un moment porté par le collectif. Et c’est bien parce qu’on sait que l’énergie collective est là qu’on se précipite pour s’identifier à ce héros.

 

14/12/05

 

Mécanisme des symptômes de la psychopathologie de la vie quotidienne.

 

Toute l’architecture de l’inconscient dans la communication passe par la psychopathologie de la vie quotidienne. Tous les symptômes (lapsus, oublis, etc.) font qu’on peut parler de l’influence de l’inconscient dans la communication.

Au-delà des informations échangées il y a un échange qui concerne non pas le contenu, mais les enjeux de la relation des individus qui communiquent.

Il y a des sujets de la communicationnels avec certaines personnes dont on ne veut pas s’avouer certaines vérités (haine, amour, etc).

 

Il y a des gens dont nous ne voulons pas accepter les sentiments qu’ils nous inspirent : c’est dans ces situations qu’on commet des actes, des paroles en contradiction avec la logique de la situation > ce sont des dérapages contrôlés qui témoignent de sentiments qu’on n’ose pas s’avouer à nous même. Ainsi, il y a des gens qu’on a envie d’aimer, d’autres qu’on veut envoyer balader mais la bienséance nous empêche de le montrer, mais nous le savons intérieurement. Mais les sentiments que nous ressentons pour ces personnes sont inavouables, ils touchent à ce que nous avons refoulé, ce qu’on ne peut pas consciemment laisser passer, caché dans un lieu secret …

   On est en plein dans le registre du travail de l’inconscient car il va y avoir un moment, un élément dans la relation qui va mettre en mouvement ce qui a été refoulé. Mais comme nous ne pouvons  pas nous l’avouer, il va se produire quelque chose dans nos  paroles, ou dans notre comportement qui ne va pas cadrer à la logique et va surgir à notre surprise.

D’autant plus que cette apparition ne livre jamais ce qu’elle est : ce sont toujours des transfigurations car l’inconscient surgit toujours masqué.

 

Cette surprise nous embarrasse et il nous faut un certain temps pour comprendre ce à quoi il recourt. Les situations de la communication seraient simples s’il n’existait pas entre les êtres une complicité inconsciente.

C’est ce qui va conditionner les réactions de l’entourage quand se produit une manifestation de l’inconscient, et aussi entraîner des phénomènes de contagion (surtout dans les cas d’oubli) en réaction à une crainte de ce qui « pourrait » surgir. Ces réactions ont des conséquences majeures, elles peuvent conduire à des sortes d’hypnose collective sous lesquelles certaines foules sont poussées à faire des actes incroyables.

 

Notre surprise est d’autant plus grande qu’il y a des choses que nous avons oubliées. Il faut parfois des mois pour comprendre ce qui s’est passé et la compréhension est d’autant plus difficile que les retours en surface des éléments refoulés se retrouvent en fonction d’un système de liaison en chaîne : si on saisit un des maillons, on ne comprend pas toute la chaîne car si l’inconscient est masqué pour ne pas être reconnu, il va essayer de masquer aussi la façon dont chaque maillon de la chaîne est accroché aux autres !

 

L’inconscient dans les troubles physiques.

 

Il y a des phénomènes plus difficiles à identifier : les troubles physiques, physiologiques et fonctionnels.

Jusqu’où peut on soutenir l’idée que notre corps, à travers des maladies, est capable de laisser parler certaines choses que nous avons refoulées ? La maladie est elle un langage dans lequel l’inconscient a son mot à dire ?

Quelques soient les raisons et le moment de la maladie, est ce que quelqu’un est capable d’avoir retenu en soi des choses si fortes que le seul chemin à prendre est celui de notre corps.

 

Il y a des maladies qui présentent à âge et diagnostics égaux des trajectoires et des destins différents. Il ne faut pas oublier que forces de vie s’opposent en permanence en nous contre des forces de mort. Mais ce n’est pas un combat, on parle de duo inséparable. Ce qui signifie qui ce qui est sous l’empire de la vie peut soudain agir sous l’empire de la mort et vice-versa.

C’est pourquoi certaines personnes qu’on croit condamnées se sortent de la maladie alors que d’autres non.

 

Jusqu’à quel point peut on accepter que quelqu’un désire inconsciemment mourir ?

Les personnes qui sont en contact avec le « voulant mourir », en étant sincères et attentives, « savent » en fait ce que l’autre désire. C’est un savoir qui est parfois difficile à accepter, la réalité étant trop dure.

Parfois ce désir de mourir va de pair avec le désir de voir l’autre mourir > cette complicité inconsciente ouvre souvent la porte à la maladie et permet aux « forces de mort » de tracer leur route.

 

Pourquoi avoir choisi de faire de la mort une figure féminine ? Exemple de la « dame de Samarkand ».

Samarkand était une ville de halte pour les caravanes qui traversaient l’orient. C’était une citée très animée où l’on trouvait restaurants, auberges, etc. ; un passage obligé pour les voyageurs (marchands, commerce de la soie, brigands). A Samarkand se trouvaient de superbes femmes recherchées pour leur compagnie, dont l’esprit était aussi grand que la beauté physique. Parmi ces dames, certaines étaient chargées de missions : séduire te faire succomber, obtenir des informations et enfin tuer. Les morts étaient ritualisées, dans le plaisir, par le poison, ou par épuisement puis coups de couteau dans le cœur. La dame se Samarkand est donc une femme qui a tous les attraits possibles.

Dame de Samarkand, dame noire, dame blanche, grande faucheuse… toutes sont des figures féminines car s’il y a un objet obscur du désir des hommes et un être qu’ils ne cessent jamais de conquérir c’est la femme ! C’est l’autre sexe, l’autre e genre qui vient poser les questions de vie et de mort.

 

Il y a des cultures où la mort n’est pas féminine, mais elle se trouve quand même associée aux représentations de la femme. Voilà pourquoi les jeux avec la mort sont si prisés par les hommes, et certains de ces jeux sont inconscients. Certains jouent avec la mort, mais tous ceux là ont besoin de ne pas savoir qu’ils sont en train de jouer avec. Les pratiques du vertige (vitesse, drogue, sexe, adrénaline, ...) rentrent dans ces jeux là où l’on voit les autres s’étourdir par une pratique d’ouverture.

 

Enfin, il y a des émotions et sensations qu’on essaie de refouler au fond de l’inconscient parce qu’il y a une pression normative, éducationnelle ou socioculturelle qui nous y oblige. C’est là qu’est le rapport entre nos interdits, la censure extérieure et la censure faite par nos mécanismes de défense.

Ce qui veut dire que l’évolution de nos sociétés conduit les individus à avoir ce qu’on peut appeler une double vie, qui peut rester enfouie, ou qui peut surgir et dont les désirs conduisent jusqu’au passage à l’acte. Depuis plusieurs générations, les occasions de vivre ces vies sont de plus en plus grandes. Et même si on sait qu’un individu mène une double existence en tant que sujet lié à une collectivité, les jeux d’alliance et d’opposition entre singulier et collectif font qu’il apparaît de plus en plus que certaines formes de censures et d’interdits sont des constructions sociales, collectives et culturelles c’est pourquoi les jeux possibles de nos désirs conscients ou inconscients sont modifiés et évoluent. Mais il restera toujours des fait incontournables :

- il n’y a aucune autorité qu’on ne puisse pas refuser.

- Quelque soit la part collective de notre histoire, nous avons chacun une histoire singulière et l’information et la communication ont tendance à se reposer sur des schémas de communication. L’information et la communication ont de moins en moins la possibilité de mettre de côté l’influence de l’inconscient dans la communication, de moins en mois de mal à mettre de côté des modèles d’analyse.

 

→ Certains d’entre nous sauront pourquoi ils sont là, ici et maintenant.

 

Samedi 23 Décembre 2006 à 16h49 dans L1 - geffroy : psycho de la com'Poster un commentaire
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